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Politique régionale de santé

EDITO du Directeur Général

 

En créant les ARS, le législateur engageait la plus grande réforme du pilotage du système de santé depuis 1945. Elle vise à protéger, en l’adaptant, notre patrimoine social en matière de santé, qui repose sur deux fondements auxquels nos concitoyens sont profondément attachés : l’égalité d’accès au système de santé, le financement solidaire et pérenne de ce système. Quelques mois après son installation, l’Agence de Picardie s’est engagée pour cela dans une démarche déterminante : l’élaboration du Projet Régional de Santé 2012-2017. Ce document définit la politique que mènera l’ARS dans les cinq ans à venir en matière de prévention, d’organisation de l’offre de soins et de l’offre médico-sociale. Elle s’appuie sur l’analyse des besoins de la population, sur l’expertise des acteurs de santé, sur un diagnostic des atouts et des faiblesses de chaque territoire.

A cet égard, la Picardie souffre de maux bien identifiés. Ils concernent de nombreux déterminants et indicateurs de santé, avec souvent d’importantes disparités territoriales. Ils ont aussi pour origine l’insuffisante attractivité de notre région et de ses établissements de santé vis-à-vis des professionnels ou des usagers, avec deux conséquences majeures : une offre des soins ambulatoires très inférieure à la moyenne nationale, une fuite importante des patients picards vers des hôpitaux situés hors de la région. Par ailleurs et comme partout en France, la politique de santé doit être envisagée à l’aune d’un cadre budgétaire contraint et du niveau de l’endettement public.Personne ne conteste cette réalité, qui transparaît au travers des centaines de pages constituant ce PRS. Elle reste pourtant difficile à entendre. Malgré les efforts déjà fournis, malgré les nombreux résultats déjà obtenus, cette réalité nécessite des choix structurants pour les années à venir. Le projet de santé 2012-2017 en est l’expression. Il porte un regard pragmatique et sans artifice sur la situation, dans la lecture des enjeux, des priorités, comme dans l’évaluation des leviers dont nous disposons.

 

Pour autant, notre région et le PRS ne se résignent pas à comptabiliser les indicateurs défavorables. Beaucoup a déjà été fait par les partenaires de l’Agence : les acteurs de santé, qu’ils soient usagers, professionnels, établissements, associations…, les collectivités locales ; par l’ARS elle-même et les organismes qui l’ont précédée. Les atouts sur lesquels nous pouvons nous appuyer sont multiples. Le premier d’entre eux est l’implication des acteurs eux-mêmes, forte et inscrite dans la durée. Leur remarquable mobilisation dans la co-construction de ce PRS en est le témoignage. Le second est notre capacité à être une terre d’excellence, dans certains projets pionniers comme la télésanté, en matière d’équipements comme pour l’imagerie médicale. Le troisième atout concerne plusieurs composantes de l’offre de santé.
Notre territoire dispose notamment d’un maillage hospitalier dense, diversifié et accessible ; d’un taux d’équipements en établissements médico-sociaux meilleur que la moyenne nationale ; d’une vraie dynamique dans la création de maisons de santé pluriprofessionnelles. La détermination de l’Agence est totale pour mobiliser ces atouts, pour rassembler toutes les forces, toutes les capacités d’échanges et d’actions, pour soutenir des initiatives pertinentes et efficaces. Nous solliciterons pour cela l’engagement et la responsabilisation de chacun des acteurs, autour d’un PRS tourné vers deux objectifs : améliorer la santé des picards et préserver l’accès aux soins de proximité dans notre région.

 

En définissant des stratégies et des priorités, ce projet est un guide pour l’action. Dans le champ de la prévention, nous agirons prioritairement sur les déterminants de santé, les milieux de vie et la lutte contre les addictions. En matière d’offre soins, l’enjeu porte sur la démographie des professionnels de santé. Dans le champ ambulatoire, nous tirerons ainsi le maximum des dispositifs incitatifs nationaux. Nous encouragerons et coordonnerons les innovations locales. Dans le champ hospitalier, nous consoliderons l’offre existante. Pour cela, chaque établissement devra être positionné dans les activités qui lui incombent à l’échelle du territoire et engagé dans une démarche de coopération au service des patients. En matière d’offre médico-sociale, pour les personnes âgées et les personnes handicapées, nous développerons les services à la personne et donnerons la priorité au maintien en milieu de vie ordinaire. Entre ces différents champs, les liens seront développés pour une prise en charge pluridisciplinaire de la personne, plus coordonnée entre les professionnels et inscrite si nécessaire dans un parcours de soins.

 

Ces orientations sont issues de longs mois d’observation, de préparation et de concertation avec les acteurs de santé de chaque territoire. Elles sont le fruit du travail et de l’association de 900 experts, usagers, professionnels, représentants d’établissements, d’associations ou de collectivités locales, parties prenantes au système de santé, et des collaborateurs de l’Agence. Je les remercie très sincèrement pour leur implication personnelle en faveur de l’intérêt
général.

A l’issue de la procédure de consultation prévue par les textes, le Projet Régional de Santé de Picardie 2012-2017 a été arrêté le 28 décembre 2012. Sa mise en oeuvre s’engage désormais avec tous les acteurs qu’il concerne et qu’il implique, dans un esprit volontariste face aux défis, réaliste quant aux moyens disponibles et déterminé à placer la personne au coeur du dispositif de santé.

 

Christian DUBOSQ