A l’issue de la procédure de consultation réglementaire de 2 mois, Christian Dubosq, Directeur général le l’ARS de Picardie, a adopté le PRS par arrêté du 28 décembre 2012. Ce document fixe les objectifs et les priorités de santé de la région pour les cinq ans à venir.
Piloté par l’ARS de Picardie et mis en œuvre avec l’ensemble des acteurs de santé, le PRS définit pour les cinq ans à venir la politique qui sera menée en matière de prévention, d’organisation de l’offre de soins et de l’offre médico-sociale. Il s’appuie sur l’analyse des besoins de la population, sur les atouts et les faiblesses de chaque territoire, sur l’expertise des parties prenantes au système de santé.
Ce PRS est issu du travail et de l’association de 900 professionnels, usagers, représentants d’établissements, d’associations, de collectivités locales… qui se sont engagés pendant plusieurs mois, aux côtés de l’Agence et dans l’intérêt des picards. Le document publié est également le fruit des observations de plusieurs partenaires sur les principales orientations du projet : CRSA, fédérations hospitalières, collectivités locales… Il intègre enfin des évolutions qui ont été proposées lors de la consultation. Ainsi concernant le SROS, le Directeur général a retenu plusieurs amendements permettant de concilier proximité, qualité et graduation des soins. Parmi ceux-ci, le maintien des unités de soins intensifs en cardiologie dans les établissements de santé disposant d’un service de cardiologie et l’évaluation pour le maintien d’un troisième site de réanimation sur le territoire de santé Aisne sud, réalisé d’ici 2015. Concernant le sud de ce territoire, le PRS indique que l’offre de recours régional est située à Reims, en considérant que les patients du sud de l’Aisne doivent aussi bénéficier de coopérations médicales renforcées entre les hôpitaux de Soissons et de Château-Thierry.
Dans le territoire de santé Oise ouest, la période d’évaluation des activités de chirurgie et d’obstétrique de l’hôpital de Clermont été allongée, compte-tenu de la dynamique de coopération nouvellement engagée entre cet établissement et le centre hospitalier de Beauvais.
Les principaux engagements du PRS Picardie
Le Projet régional de santé est orienté vers deux objectifs principaux : améliorer la santé des picards, dans une région marquée par des indicateurs et des déterminants de santé défavorables ; préserver l’accès aux soins de proximité, face au manque d’attractivité de la région vis-à-vis des professionnels de santé. Ces objectifs devront être poursuivis dans un cadre budgétaire contraint, en conciliant donc des impératifs de qualité, d’équité et d’efficacité.
Prévention : agir sur les déterminants de santé, les lieux de vie et les addictions
En santé publique, les axes prioritaires sont la nutrition, le dépistage des cancers, la lutte contre les addictions, la prévention du suicide et des grossesses précoces. Dans ces domaines, l’Agence encouragera notamment le développement de dispositifs expérimentaux ou le transfert, en région, de dispositifs ayant montré ailleurs leur efficacité.
La qualité de l’air intérieur, la lutte contre l’habitat indigne et l’amélioration de la qualité des eaux de consommation seront les domaines privilégiés par l’ARS et ses partenaires en matière de santé environnementale. L’Agence renforcera par ailleurs son dispositif de veille, d’alerte et de gestion des urgences sanitaires. A cet égard, elle est la première agence certifiée AFAQ-ISO 9001.
Offre de soins : répondre aux besoins de la population, en créant les conditions nécessaires à la fidélisation des professionnels de santé
Face à un exercice et à des pratiques médicales en pleines mutations, l’organisation proposée vise à garantir l’égalité d’accès aux dispositifs de prise en charge ou d’accompagnement, quels que soient le territoire et les ressources des usagers. Ainsi, l’accès à une prise en charge en urgence sera assuré en moins de 30 minutes sur l’ensemble des territoires. Dans le champ ambulatoire (médecine de ville), les efforts porteront sur l’installation et les conditions d’exercice des professionnels de santé : mobilisation de tous les dispositifs incitatifs nationaux, encouragement des initiatives régionales et locales, identification de zones prioritaires, développement des stages en cabinet généraliste, création de maisons de santé…
Le volet hospitalier est quant à lui fondé sur plusieurs engagements forts, dans une région en manque de médecins. Le SROS ne décide ainsi d’aucun retrait d'autorisation en médecine, chirurgie, obstétrique, accueil d'urgence. Ce choix volontariste et ambitieux, vise à consolider l’actuel maillage territorial des établissements de santé, en particulier publics, afin de préserver l’accès à des soins de proximité pour la population. Mais il emporte trois conséquence : une grande vigilance sur la qualité et la sécurité des soins, une graduation rigoureuse des soins entre les établissements de santé, des démarches systématiques de coopération entre les établissements.
Offre médico-sociale : développer les services à la personne et donner la priorité au maintien en milieu de vie ordinaire
L’offre médico-sociale est articulée avec les schémas des Conseils généraux de l’Aisne, de l’Oise et de la Somme. La volonté de l’ARS est de développer une offre plus diversifiée, moins institutionnelle, permettant aux personnes âgées et aux personnes handicapées d’exercer un libre choix de vie et de parcours de soins. Il s’agit notamment de promouvoir le maintien en milieu de vie ordinaire et de mieux organiser les dispositifs de répit au bénéfice des aidants. Des priorités spécifiques à l’enfance handicapée ont été déterminées. Elles comprennent le dépistage et le diagnostic des handicaps, tant pour améliorer les délais de prise en charge que l’annonce du diagnostic.
Au regard des spécificités de la région, le PRS Picardie investit également deux champs supplémentaires et transversaux : la prévention et la prise en charge des addictions, notamment auprès des publics vulnérables (jeunes, femmes enceintes, personnes en situation de précarité…) ; le déploiement de la télésanté (DMP, téléconsultations…) qui est un levier majeur pour l’attractivité de la région à l’égard des professionnels de santé et l’égalité d’accès aux soins.